Repérer une veine, effectuer la ponction et remplir les tubes : le robot Aletta, développé par la société néerlandaise Vitestro, automatise le prélèvement sanguin sous supervision humaine. Une étude multicentrique menée aux Pays-Bas rapporte des résultats encourageants, sans établir sa supériorité sur le prélèvement manuel.
La Food and Drug Administration (FDA) a autorisé Aletta pour les adultes en ambulatoire. Le dispositif combine une imagerie proche infrarouge et une échographie Doppler pour identifier une veine adaptée et la distinguer d’une artère. Il applique le garrot, prépare la peau, insère l’aiguille, change les tubes et pose le pansement. Lorsqu’aucune veine adaptée n’est repérée, il ne tente pas de ponction.
Un professionnel formé au prélèvement sanguin doit préparer chaque séance et rester disponible pendant la procédure. Il peut superviser jusqu’à trois appareils simultanément et doit vérifier l’ordre de remplissage des tubes ainsi que leur remplissage suffisant. Des capteurs peuvent interrompre la procédure et l’alerter. Si le patient bouge excessivement, l’aiguille se détache automatiquement et le prélèvement s’arrête, précise la FDA.
L’étude publiée en ligne dans Clinical Chemistry a évalué le dispositif en pratique courante auprès de 1.633 patients de trois centres néerlandais. La réussite dès la première ponction atteignait 94,5 % lorsqu’une veine adaptée avait été identifiée. En intégrant les patients chez lesquels aucune veine adaptée n’avait été trouvée, le taux global était de 88,5 %, soit 1.543 sur 1.743.
Les événements indésirables concernaient 0,6 % des patients, tous jugés légers. Parmi les répondants au questionnaire, environ 90 % rapportaient une douleur comparable ou moindre qu’avec un prélèvement manuel. Le taux d’hémolyse était de 0,3 % parmi les échantillons évalués.
Une autre cohorte de 153 patients comparait les résultats biologiques d’échantillons prélevés manuellement et par le robot. Aucune différence statistiquement significative n’était observée pour les paramètres étudiés : TCA, temps de prothrombine, LDH, ASAT et numération plaquettaire.
Ces résultats comportent des limites. La cohorte évaluant l’utilisation en routine ne disposait pas de groupe témoin manuel. Vitestro finançait l’étude et participait à sa conception, à l’interprétation des données et à la préparation du manuscrit. Les effets sur l’organisation et les capacités de prélèvement restent à évaluer.
L’expérience hospitalière apporte un éclairage complémentaire. Aletta a été développé en collaboration avec le St. Antonius Ziekenhuis, Amsterdam UMC, OLVG Lab et Result Lab. Dans une présentation publiée le 15 avril 2026, le St. Antonius décrivait notamment une phase de recherche menée pendant six mois sur son site de Nieuwegein, consacrée aux personnes sous anticoagulants.
Thijs van Holten, spécialiste en biologie clinique au St. Antonius, participe au développement avec son collègue Chris Hackeng. Il met en avant la régularité des prélèvements et l’intérêt du dispositif pour les veines profondes, notamment chez les personnes en surpoids. Il y voit aussi un moyen de répondre aux pénuries de personnel, tout en soulignant que des professionnels resteront nécessaires pour accompagner les patients et effectuer certains prélèvements.
À cette date, le dispositif circulait encore entre les quatre établissements partenaires. Le St. Antonius prévoyait l’installation permanente de deux appareils à Nieuwegein en 2027, puis éventuellement d’autres. Ce déploiement annoncé doit être distingué des utilisations réalisées jusque-là dans le cadre de la recherche.







