Publié dans JAMA Network Open, l’essai randomisé CONVOKE rapporte qu’une thérapie numérique sur smartphone, CT-155, améliore la motivation et le plaisir chez des personnes vivant avec une schizophrénie, en complément du traitement antipsychotique.
Les symptômes négatifs de la schizophrénie, comme la perte de motivation, le retrait social ou la difficulté à éprouver du plaisir, sont fortement associés à un mauvais pronostic fonctionnel et à une qualité de vie dégradée. Aucun médicament n’est à ce jour approuvé par la Food and Drug Administration américaine spécifiquement pour ces symptômes, et les interventions psychosociales efficaces restent difficiles d’accès.
Un essai en double aveugle contre une application contrôle
CT-155, développée par Click Therapeutics et Boehringer Ingelheim, intègre des éléments de plusieurs psychothérapies validées. Elle cible les croyances défaitistes et propose des exercices portant sur les compétences sociales, les émotions positives et la tolérance à la détresse. Dans cet essai multicentrique de phase 3, 457 adultes (âge moyen : 46 ans ; 61 % d’hommes), stabilisés sous antipsychotiques, ont été randomisés entre CT-155 et une application contrôle proposant des contenus éducatifs sur la maladie et des bilans quotidiens, pour une durée de 16 semaines. Les participants, les investigateurs et les évaluateurs centralisés étaient en aveugle.
Des gains portés par les dimensions sociales et récréatives
Le score CAINS-MAP (Clinical Assessment Interview for Negative Symptoms, sous-échelle motivation et plaisir), dont la variation à la semaine 16 constituait le critère principal, a diminué en moyenne d’environ sept points dans le groupe CT-155 contre environ quatre points dans le groupe contrôle. Selon les auteurs, cette taille d’effet, petite à modérée, est comparable à celle des interventions psychosociales et pharmacologiques en psychiatrie. L’amélioration est principalement liée aux sous-domaines social (relations avec la famille et les amis) et récréatif (loisirs), tandis que le domaine professionnel et scolaire a évolué de façon modeste et similaire dans les deux bras.
L’engagement a été soutenu : les utilisateurs de CT-155 ont consacré près de 45 minutes par semaine à l’application et 70 % d’entre eux étaient encore actifs à la semaine 15. Des événements indésirables graves sont survenus dans les deux groupes, aucun n’étant lié à l’intervention.
Une généralisation encore à établir
Tous les participants recevaient un traitement antipsychotique stable et disposaient de leur propre smartphone ainsi que d’un accès régulier à Internet. L’efficacité de CT-155 reste donc inconnue chez les personnes récemment diagnostiquées, en cours d’instauration d’un traitement ou en situation de logement instable. L’étude a été conduite par le fabricant, l’auteur correspondant étant salarié de Boehringer Ingelheim.







