La KU Leuven progresse dans les interfaces cerveau-ordinateur

Des chercheurs de la KU Leuven ont réalisé une avancée importante dans le développement des interfaces cerveau-ordinateur (BCI), une technologie susceptible de redonner aux patients atteints de troubles neurologiques le contrôle de leurs mouvements, de la parole ou d'autres fonctions, ressort-il d'une nouvelle étude publiée jeudi dans la revue scientifique Science Advances.

Les BCI captent l'activité électrique du cerveau à l'aide d'électrodes placées sur le crâne ou directement sur le cerveau. Ces signaux sont ensuite analysés par un ordinateur, qui les traduit en commandes permettant de contrôler un appareil, sans passer par les voies motrices habituelles du corps (muscles, nerfs). L'objectif final est de permettre, par exemple, à des personnes paralysées de retrouver une plus grande autonomie.
Dans cette étude, les scientifiques de la KU Leuven sont parvenus à utiliser l'activité cérébrale pour contrôler en temps réel un personnage virtuel dans un environnement tridimensionnel complexe. Des animaux de laboratoire -trois macaques rhésus- ont ainsi pu, sans mouvement physique, guider un avatar dans un monde virtuel, éviter des obstacles et adapter leur trajectoire lorsque les objectifs changeaient.
La nouvelle interface exploite simultanément des signaux issus de plusieurs zones motrices du cerveau. Cela permet un contrôle plus intuitif et plus flexible que les systèmes précédents, qui ne mobilisaient généralement qu'une seule région cérébrale. Les animaux ont en outre nécessité très peu d'entraînement: après une courte phase d'apprentissage, leur cerveau a continué à s'adapter pendant l'utilisation.
Selon les chercheurs, l'environnement 3D réaliste constitue également une avancée majeure. Les applications futures, comme le pilotage d'un fauteuil roulant, devront en effet fonctionner dans des environnements complexes et dynamiques, tels que les habitations ou les espaces publics.
L'équipe de recherche de la KU Leuven souhaite lancer les premiers essais cliniques sur des humains d'ici deux ans. Elle envisage notamment des applications pour les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou de la maladie de Parkinson.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.