L'IA crée pour la première fois des virus inexistants dans la nature

Des chercheurs de l'université de Stanford sont parvenus, pour la première fois, à concevoir à l'aide de l'intelligence artificielle (IA) des virus qui n'existaient pas dans la nature. C'est ce que rapportent plusieurs médias internationaux, dont The New York Times et The Guardian. Il s'agit de bactériophages, de petits virus capables d'attaquer et de détruire des bactéries.

Les bactériophages naturels sont souvent utilisés pour traiter des infections lorsque les antibiotiques ne sont plus efficaces. Toutefois, des phénomènes de résistance peuvent également apparaître avec ces virus. Lors de tests en laboratoire, un mélange de bactériophages conçus par IA est parvenu à éliminer des bactéries Escherichia coli (E. coli) devenues résistantes aux bactériophages naturels.

Pour y parvenir, les scientifiques ont utilisé l'IA afin de concevoir les génomes de bactériophages. Ils se sont appuyés sur des modèles de langage génomique, l'équivalent génétique des modèles de langage qui constituent la base des agents conversationnels d'IA.

Dans la revue Science, les chercheurs estiment que cette avancée pourrait « transformer la phagothérapie » et « élargir les outils biotechnologiques » disponibles. Ils mettent toutefois en garde contre les risques en matière de sécurité, alors que les inquiétudes grandissent quant à la possibilité que l'IA puisse un jour concevoir des agents pathogènes dangereux pour l'être humain ou les animaux.

Le professeur Tom Inglesby et le Dr Moritz Hanke, du Center for Health Security de la Johns Hopkins University, partagent ces préoccupations. « Bien que cette technologie soit prometteuse pour les applications en sciences de la vie, elle soulève également des questions urgentes en matière de biosécurité », soulignent-ils. « La capacité à assembler des génomes viraux à l'aide de l'IA générative existe désormais, mais les politiques nécessaires pour encadrer son utilisation en toute sécurité font encore défaut. »

Le professeur Tom Ellis, de l'Imperial College de Londres, relativise toutefois ces craintes. Il rappelle qu'un bactériophage possède l'un des génomes les plus simples à reconstituer artificiellement. La création de génomes beaucoup plus complexes reste, selon lui, hors de portée à ce stade. « La menace d'un génome complet de virus ou de bactérie entièrement conçu par l'IA est largement surestimée », estime-t-il.

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