Saint-Luc Bouge s’équipe d’un scanner à comptage photonique

La Clinique Saint-Luc Bouge a mis en service un scanner à comptage photonique, le premier NAEOTOM Alpha Pro en Wallonie. Cette technologie permet d’obtenir des images plus fines tout en réduisant l’irradiation et la quantité de produit de contraste nécessaire.

Les premiers patients ont été examinés mardi avec ce nouvel équipement. Selon la Clinique Saint-Luc Bouge, sept scanners à comptage photonique sont actuellement installés en Belgique, dont deux en Wallonie. L’établissement dispose du premier appareil de la nouvelle gamme NAEOTOM Alpha Pro.

« L’histoire du scanner a environ 60 ans et tous les dix ans, on a de nouvelles évolutions. Aujourd’hui, avec le scanner à comptage photonique, nous sommes vraiment à une évolution de rupture qui va nous permettre de travailler différemment », explique le Dr Frédéric Alexis, radiologue cardio-vasculaire à la Clinique Saint-Luc Bouge.

Contrairement au scanner conventionnel, qui mesure la quantité totale de rayons reçue, le scanner à comptage photonique compte chaque photon individuellement et en mesure l’énergie. Il dispose ainsi de davantage d’informations pour différencier les structures et les tissus.

Le Dr Alexis cite l’exemple de l’os et d’une artère contenant un produit de contraste iodé, qui peuvent présenter une blancheur très proche sur un scanner conventionnel. Le comptage photonique permet de distinguer le calcium de l’iode en fonction de leur comportement différent selon l’énergie des rayons X.

Un intérêt particulier en cardiologie

La cardiologie sera l’un des premiers domaines à bénéficier du nouvel équipement. Saint-Luc Bouge annonce également être le premier hôpital belge à acquérir le logiciel d’intelligence artificielle Coronary Cockpit, qui accompagne le scanner. Celui-ci analyse l’anatomie des artères coronaires, identifie le type de plaque d’athéromatose et quantifie le volume de la plaque d’athérome.

« Or, on sait aujourd’hui que le risque qu’a un patient de faire un évènement cardiaque est aussi corrélé au volume de la plaque. Donc, en plus de pouvoir indiquer un degré très précis de sténose, cette nouvelle machine pourra quantifier la plaque d’athérome », souligne le Dr Alexis.

Selon l’établissement, ces informations pourront également guider le geste du cardiologue interventionnel, qui pourra choisir plus précisément le type et le calibre du stent sans devoir refaire une angiographie.

Des applications dans plusieurs spécialités

Si la nouvelle machine sera utilisée en premier lieu pour la pathologie cardiaque, elle le sera également dans d’autres domaines. Dans les contextes d’urgence, tous les examens de scanner auront lieu sur le nouvel équipement.

En imagerie thoracique, la diminution de la dose et la finesse accrue des images doivent notamment bénéficier à la détection de la fibrose. En neurologie, la technologie doit améliorer la visualisation des petits anévrismes. En oncologie abdominale, elle doit permettre de mieux détecter de petites métastases et, en orthopédie, de repérer de petites fractures et de détecter l’œdème dans les tissus.

Le Dr Alexis souligne également une meilleure qualité d’image chez les patients obèses et la possibilité de réaliser des examens moins irradiants, notamment en pédiatrie ou chez les patients soumis à des scanners répétés en oncologie. La technologie permet également de réaliser des scanners chez des patients porteurs de prothèses ou de stents.

Le scanner intègre par ailleurs le logiciel d’intelligence artificielle My Exam Companion. Des données paramétriques sont recueillies auprès du patient à travers quelques questions posées sur une tablette par le technologue. Elles permettent à la machine de proposer automatiquement le protocole d’examen le plus adapté à la question clinique tout en optimisant la dose d’irradiation.

« Grâce à ce nouveau scanner, nous allons pouvoir réduire l’irradiation de nos patients ainsi que la quantité de produit de contraste que nous leur administrons en recueillant plus d’informations. En outre, la machine permettra aussi des gains de temps et in fine de coûts », conclut le Dr Eric Deflandre, directeur médical de la Clinique Saint-Luc Bouge.

La Clinique Saint-Luc Bouge propose actuellement des plages de scanner une soirée par semaine. Dans les prochaines semaines, cette disponibilité sera portée à deux soirées hebdomadaires, principalement pour les scanners coronaires.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.