La cérémonie de clôture de l’édition 2026 du MedTech Accelerator s’est tenue ce 8 octobre. Sept projets innovants dans le domaine de la santé étaient en compétition. TARC, qui développe une solution de réalité augmentée pour la neurochirurgie, a remporté le Prix du Jury, tandis qu’ORIOSTIM, spécialisé dans le traitement de la douleur, a décroché le Prix du Public.
Porté par hub.brussels et son cluster lifetech.brussels, le MedTech Accelerator s’appuie sur un écosystème bruxellois réunissant institutions académiques, centres de recherche et hôpitaux.
Ce jeudi, sept projets ont été présentés devant un jury d’experts : quatre spin-offs universitaires et trois startups. Après six mois d’accompagnement intensif, leurs porteurs ont défendu des innovations touchant à l’inclusion, au diagnostic des maladies rares, à la santé reproductive, à la douleur, aux soins d’urgence, à la santé respiratoire et à la neurochirurgie. « Le MedTech Accelerator aide les entrepreneurs à franchir les obstacles », souligne Myriam Dieleman, coordinatrice de l’accélérateur chez lifetech.brussels.
Signe de l’époque, « l’intelligence artificielle est de plus en plus présente, sans dominer pour autant. Parmi les projets, l’un l’utilise en génétique, un autre pour la reconnaissance vocale dans une ambulance. » L’objectif, dans ce dernier cas, est notamment d’éviter les notes griffonnées sur un post-it ou sur un gant et les rapports rédigés plusieurs fois.
Les lauréats
Parmi les spin-offs universitaires, TARC a remporté le Prix du Jury. Taylor Frantz mise sur la réalité augmentée pour guider les neurochirurgiens lors de la pose d’un drain ventriculaire externe. TARC (The Augmented Reality Company) développe un système portable de navigation chirurgicale utilisable au chevet du patient, y compris en dehors du bloc opératoire. L’objectif est de permettre des interventions plus rapides et plus précises, tout en facilitant l’accès à la navigation neurochirurgicale guidée par l’image.
Parmi les startups, ORIOSTIM a remporté le Prix du Public. Aurore Nieuwenhuys et Yohan Botquin développent un dispositif de stimulation temporaire des nerfs périphériques destiné à soulager la douleur, notamment postopératoire, sans recourir aux opioïdes. L’équipe s’est concentrée sur le confort et la facilité d’utilisation du dispositif, tant pour les patients que pour les soignants. Les améliorations portent notamment sur la robustesse des électrodes, le confort de l’interface cutanée et la fiabilité des composants externes. L’objectif est de proposer une thérapie plus discrète et plus durable, pouvant s’intégrer aux soins postopératoires sans alourdir le travail des équipes médicales.
87 projets accompagnés
Depuis son lancement en 2016, le MedTech Accelerator a accompagné 87 projets, parmi lesquels Kaspard, Covartim, Axiles Bionics, Lemma Factory, Opal Solutions, Curewiki, Spentys et MoveUp.
« Innover en santé humaine est un parcours exigeant. Les réglementations sont strictes, la validation clinique est longue et l’accès au financement reste difficile. »
Un accompagnement renforcé
Cette année, le MedTech Accelerator s’associe à StartLab.Brussels. Les entrepreneurs qui rejoignent le Build Track de StartLab.Brussels avec un projet en MedTech, HealthTech ou dans l’innovation en santé pourront désormais bénéficier d’ateliers spécifiques animés par les experts du MedTech Accelerator.
Cette collaboration vise notamment les projets encore trop peu avancés pour intégrer directement l’accélérateur. Leurs porteurs pourront ainsi accéder plus tôt à une expertise sectorielle, dès les premières étapes de leur développement.
Un jury issu de l’écosystème de la santé
Le jury était composé de Marie Loriaux (Hospitals.be), Sébastien Deletaille (Rosa), Louis-Philippe Broze (Spentys) et Gaëlle Flammang-Dorie (Pulmonx Corporation).
Les cinq autres projets en compétition
Les spin-offs universitaires
POLYGEN AI, porté par Nassim Versbraegen, s’attaque à un angle mort du diagnostic génétique. Les outils actuels se concentrent surtout sur les maladies liées à un seul gène. Cette solution d’intelligence artificielle cherche à identifier plusieurs gènes qui agissent ensemble pour expliquer une maladie rare. Elle pourrait accélérer le diagnostic et réduire le nombre de patients qui restent sans réponse.
ORION, d’Ioana-Teodora Ouatu, développe une nouvelle aiguille de prélèvement d’ovocytes utilisée en fécondation in vitro (FIV). Le clinicien peut en adapter la configuration en temps réel selon l’anatomie de chaque patiente. L’objectif est de rendre la procédure plus sûre et plus précise, tout en réduisant la douleur et les risques de lésions.
ROMULUS, d’Andy Keymolen et Antoine Marchal, propose une méthode non invasive pour surveiller la région pulmonaire périphérique, difficile à évaluer avec les techniques actuelles. De légères variations de pression pendant la respiration permettent d’analyser le fonctionnement des poumons et de détecter plus tôt d’éventuelles complications. La technologie pourrait également aider les médecins à déterminer le moment opportun pour extuber un patient sous respirateur.
Les startups
BIPSO, de Jurian Cuppen, répond à une question d’inclusion : comment justifier un besoin d’aménagement sans révéler son diagnostic médical ? Grâce à une technologie de vérification sécurisée, les informations médicales sont traduites en besoins concrets, comme un accès sans marche ou du temps supplémentaire pour un examen, tout en préservant la confidentialité des données.
SONARA, de Valentin Dirken, cible les soins d’urgence. La plateforme capte et structure automatiquement les informations recueillies par les équipes de secours pendant une intervention, réduisant ainsi le travail de documentation manuelle. À l’arrivée à l’hôpital, un rapport médical est déjà disponible. L’objectif est de libérer du temps pour permettre aux urgentistes de se concentrer davantage sur le patient.







