La réforme de la politique d'innovation définitivement validée par le parlement wallon

Le projet de décret réformant en profondeur l'organisation de la politique d'innovation régionale afin de renforcer la compétitivité des entreprises a été définitivement approuvé, mercredi, en séance plénière du parlement wallon.

Concrètement, le texte pose le cadre qui permettra la réorganisation progressive du paysage wallon de l'innovation autour de cinq Domaines d'Innovation Stratégiques (DIS) et de cinq clusters d'innovation stratégiques, en cohérence avec la nouvelle stratégie wallonne de recherche, d'innovation et d'industrie pour la période 2027-2034. Le principe est simple : un domaine, un cluster, a rappelé, durant les débats,  le ministre wallon de l'Economie, Pierre-Yves Jeholet.
Ces cinq DIS s'articuleront autour de la volonté régionale de nourrir (systèmes alimentaires et biosolutions); de soigner (innovations thérapeutiques, soins innovants et technologies de la santé); de protéger (aéronautique, spatial et défense); de décarboner (solutions énergétiques efficientes, bâti durable et mobilité intelligente) et d'industrialiser (matériaux et industrie du futur).
Ces domaines - qui devraient concentrer 75% des moyens - ne visent pas à faire disparaître des filières, des technologies ou des écosystèmes existants. Ils permettront au contraire de regrouper les forces wallonnes autour de grands marchés applicatifs et de défis économiques clairement identifiés, a assuré le ministre Jeholet.
Parallèlement, les futurs clusters seront liés à la Région par des contrats d'objectifs et soumis à une évaluation renforcée. Leur action sera notamment appréciée au regard des projets collaboratifs générés, de la mobilisation des entreprises, des financements européens obtenus, des investissements privés déclenchés et de la création d'activités et d'emplois, a-t-il ajouté.
"La Wallonie dispose d'excellents chercheurs, d'entreprises innovantes et de secteurs industriels forts. Notre responsabilité est désormais de mieux transformer ces atouts en investissements, en activités économiques et en emplois. Avec cette réforme, nous faisons le choix de la concentration stratégique plutôt que de la dispersion, de l'impact plutôt que de la multiplication des structures et de la création de valeur plutôt que de l'innovation pour l'innovation", a enfin résumé le ministre.
Approuvée par la majorité, la réforme a tout de même suscité des réserves de la part des Engagés, le député Olivier de Wasseige regrettant l'absence d'un cluster consacré au numérique et à l'IA, considérés dans la réforme comme des compétences transversales. "Notre préoccupation est simple: pour qu'une transversalité produise ses effets, il lui faut un point d'ancrage défini. Néanmoins, le cadre est le bon et nous le votons volontiers. Tout se jouera par la suite, dans les feuilles de route où le numérique devra recevoir un volet clairement identifié", a-t-il plaidé.
Enfin, dans les rangs de l'opposition, le PS, "ne souhaitant pas donner un chèque en blanc au gouvernement", s'est abstenu, tout comme Ecolo. Le PTB, lui, voté contre, dénonçant notamment l'absence de représentants des travailleurs, des chercheurs et des acteurs environnementaux dans le mécanisme.

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