Depuis octobre 2025, la France teste l’accès à la notice électronique de certains médicaments via QR code sur les boîtes, en complément de la version papier. À la Chambre, la députée Sophie Thémont (PS) a interrogé le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, sur les perspectives d’un dispositif similaire en Belgique. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a lancé un groupe de travail et prévoit une étude ciblant les publics vulnérables sur le plan numérique.
« L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a mis en place un groupe de travail composé de représentants des parties prenantes concernées, qui se réunit afin de cartographier les possibilités et les défis liés à une notice électronique pour le patient (ePIL). Aucune estimation des coûts et des économies potentielles n'a été réalisée à ce stade. Il reste essentiel que le patient conserve le droit d'obtenir une version papier de la notice en complément de la version électronique », a indiqué Frank Vandenbroucke.
Conformément à son plan opérationnel, l’AFMPS intègre également la cartographie des groupes difficiles à atteindre dans ses actions. « À ce titre, l'AFMPS consulte des acteurs de terrain engagés dans la santé communautaire, tels que les community health workers (CHW). Cette démarche vise à accorder une attention particulière aux publics vulnérables sur le plan numérique et à identifier les moyens les plus efficaces pour les atteindre. Dans le cadre du projet ePIL, une étude sera réalisée afin d'identifier les groupes vulnérables sur le plan numérique et de déterminer les modalités optimales pour les atteindre. »
Un compteur de délivrance
Par ailleurs, à la suite d’une autre interpellation de la députée CD&V Nawal Farih, le ministre a détaillé plusieurs pistes en matière de délivrance des médicaments. « Nous sommes actuellement en discussion avec les représentants des pharmaciens et des mutualités pour la mise en place d'un compteur de délivrance, accessible aux médecins et pharmaciens, afin de leur permettre de mieux savoir ce que le patient a déjà reçu. Il serait intégré dans les logiciels utilisés par les médecins et les pharmaciens. Il permettrait d’identifier plus rapidement les délivrances répétées et de soutenir la détection des comportements à risque. »
Frank Vandenbroucke a également rappelé le rôle du prescripteur, « il est déjà possible pour le médecin de rédiger une prescription sous dénomination commune avec mention de la posologie et de la durée de traitement ».
Enfin, après l’introduction en 2026 de la délivrance des antibiotiques à l’unité dans les pharmacies publiques, une extension à d’autres classes thérapeutiques est envisagée. « Cette mesure est notamment à l'étude pour les benzodiazépines, les médicaments Z et les opioïdes, afin de limiter les risques de dépendance et de prévenir leur surconsommation. »
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