Le développement mondial de l'intelligence artificielle (IA) ne s'accompagne pas seulement d'une demande colossale en électricité, mais engloutit également d'importantes quantités d'eau et occupe de vastes superficies de terrain. Ces lourdes conséquences environnementales restent jusqu'à présent sous-estimées, avertit un nouveau rapport de l'Institut de l'Université des Nations Unies pour l'eau, l'environnement et la santé (UNU-INWEH).
Les investissements totaux dans le domaine de l'IA sont estimés cette année à plus de 2.500 milliards de dollars. D'ici 2033, le marché de l'IA pourrait représenter 5.000 milliards de dollars.
Cette forte croissance s'accompagne d'une consommation d'électricité gigantesque. En 2025, les centres de données ont consommé 448 térawattheures dans le monde, soit autant d'énergie que la France. D'ici 2030, leurs besoins énergétiques pourraient atteindre 945 térawattheures, soit environ 3% de la demande mondiale. Cela entraînerait des émissions de 400 millions de tonnes équivalent CO2, soit l'équivalent des émissions du Royaume-Uni. Pour produire l'électricité nécessaire, une superficie de 14.000 kilomètres carrés serait requise, soit une surface comparable à celle de l'Irlande du Nord.
Ces infrastructures nécessitent également énormément d'eau pour produire l'électricité et refroidir les infrastructures. D'ici 2030, ils pourraient absorber 9.300 milliards de litres d'eau, ce qui correspond à plus d'une fois et demie les besoins annuels en eau potable des 8 milliards d'habitants de la planète.
"Le progrès technologique doit rester respectueux de l'environnement", souligne le rapport. Pour cela, il est nécessaire de cartographier l'empreinte écologique complète de l'intelligence artificielle, et pas uniquement sa consommation électrique ou ses émissions de gaz à effet de serre.
Le rapport appelle dès lors à la mise en place d'un écosystème de l'IA responsable, fondé sur la transparence, l'efficacité, l'équité et la justice environnementale, la responsabilité tout au long du cycle de vie, la coopération mondiale et une utilisation durable.







