Publié mercredi, le rapport annuel 2025 de Recip-e acte la transformation de l'organisation. Connue pour son rôle dans la prescription électronique de médicaments, l'ASBL entend désormais représenter les besoins des prestataires de soins dans les grands projets de digitalisation du secteur et contribuer à l'élaboration des priorités du futur plan d'action eHealth. Cette évolution intervient alors que près de 17,8 millions de prescriptions électroniques étaient encore créées chaque mois en Belgique à la mi-2025.
« L'année 2025 a ainsi constitué une année charnière », écrit la directrice de Recip-e, Katrien Thorré, dans l'introduction du rapport annuel publié mercredi. L'organisation, historiquement associée à la prescription électronique de médicaments, souhaite désormais jouer un rôle plus large dans la politique de e-santé en Belgique.
Cette réorientation répond à une évolution des pratiques de soins. « Les retours du terrain ont montré de plus en plus clairement que de nombreux défis liés à la digitalisation sont similaires dans différentes professions de santé », souligne Mme Thorré. Recip-e entend dès lors devenir un intermédiaire entre les prestataires de soins, les autorités et les acteurs du développement des applications numériques.
La période de transition a débuté en juillet 2025 et doit déboucher sur un nouveau fonctionnement structurel à partir de 2026. L'organisation met désormais l'accent sur « la représentation et la coordination des prestataires de soins de terrain en matière de digitalisation des soins de santé ».
Parmi les dossiers jugés prioritaires figurent les prescriptions de renvoi numériques pour les soins infirmiers à domicile, la kinésithérapie, la radiologie ou encore la biologie clinique, les lettres de renvoi électroniques entre médecins généralistes et spécialistes, le schéma médicamenteux médico-pharmaceutique partagé, l'interopérabilité des systèmes numériques, l'accès organisationnel aux données de santé et la cybersécurité.
Le rapport met également en avant l'évolution du standard FHIR, appelé à remplacer progressivement les développements historiques basés sur KMEHR. En juin 2025, les connaissances métier développées par Recip-e pour ce nouveau système ont été transférées à une équipe de l'INAMI chargée de poursuivre le projet.
L'activité liée à la prescription électronique reste toutefois considérable. En juin 2025, 17,8 millions de prescriptions électroniques ont été créées en Belgique. Sur les douze derniers mois observés, ce volume oscillait entre 14 et 19 millions de prescriptions par mois.
Le nombre de médecins exerçant hors hôpital qui utilisent la prescription électronique atteignait 33.849 en juin 2025, dont 17.514 médecins généralistes et 16.335 médecins spécialistes.
Pour Katrien Thorré, l'objectif est désormais de contribuer à des solutions numériques davantage alignées sur les besoins du terrain. « La traduction entre la pratique et le développement de solutions numériques constitue dès lors le cœur du nouveau rôle de Recip-e », écrit-elle.
À travers cette évolution, l'organisation veut contribuer à un système de santé numérique « plus efficace, plus sûr et mieux intégré », fondé sur une collaboration accrue entre les différentes professions de soins.
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