Le centre de recherche Imec, basé à Louvain, est le premier au monde à avoir fabriqué un bit quantique (qubit) à l'aide d'un scanner lithographique High-NA EUV, la technique la plus poussée en matière de fabrication de puces. Cette avancée devrait ouvrir la voie à la production industrielle à grande échelle d'ordinateurs quantiques, a annoncé mardi l'entreprise belge dans un communiqué.
Les qubits sont les unités d'information de base utilisées pour encoder les données en informatique quantique. Les ordinateurs qui les utiliseraient pour des applications telles que le développement de médicaments ou la simulation de processus physiques complexes, peuvent, en théorie, être bien plus puissants que des ordinateurs classiques. Cependant, pour rendre ces systèmes utilisables, il faut des qubits stables et pouvant être contrôlés avec précision.
Pour ce faire, Imec mise sur les qubits de spin à points quantiques en silicium, une technologie compatible avec les modes de fabrication de puces existants. Ce procédé permet au centre de recherche en nanoélectronique de s'appuyer sur des décennies de savoir-faire dans l'industrie des semi-conducteurs.
Grâce à la technologie EUV à haute ouverture numérique (High NA), l'entreprise louvaniste a réussi à fabriquer un réseau fiable de qubits avec des ouvertures de seulement six nanomètres. Selon Sofie Beyne, cheffe de projet et ingénieure en intégration quantique, cette technique permet d'obtenir des motifs d'une précision et d'une uniformité exceptionnelles.
Ce projet de recherche a été menée dans le laboratoire commun High NA d'Imec et d'ASML, situé à Veldhoven, aux Pays-Bas. Mais le centre de recherche belge dispose désormais également d'un appareil doté d'une technologie de pointe, ce qui augure une prochaine mise à l'échelle industrielle.
Cette technique lithographique dernier cri revêt également une importance capitale pour les futures générations de puces de mémoire et de calcul à l'ère de l'IA, souligne-t-on.







