L’Association belge des syndicats médicaux (ABSyM) met en garde contre la multiplication de vidéos « hypertruquées » utilisant l’image, la voix ou le nom de médecins et d’hôpitaux pour promouvoir des produits ou services. Le syndicat évoque, dans un communiqué diffusé mercredi, un risque pour la santé publique et une atteinte à la confiance envers le système de santé.
Ces vidéos générées à l’aide de l’intelligence artificielle donnent l’impression que des médecins ou des hôpitaux de renom s’expriment directement, alors que ce n’est pas le cas. Elles utilisent parfois le visage ou la voix d’un professionnel, ou associent une personne à un établissement connu via des logos ou des images de bâtiments, rendant la distinction entre authenticité et falsification de plus en plus complexe.
Ces contenus contiennent souvent des allégations de santé trompeuses ou font la promotion de médicaments, de compléments alimentaires ou de traitements, en exploitant délibérément la relation de confiance entre le médecin et le patient à des fins commerciales. Ils peuvent avoir des conséquences néfastes pour les personnes qui y croient, mais aussi pour les médecins et établissements concernés.
Le Dr Patrick Emonts, président de l’ABSyM-BVAS, et le Dr Nikolas De Meurechy, administrateur du Vlaams Artsensyndicaat pour les régions d’Anvers, Limbourg et Brabant flamand, relèvent que « l'IA générative est de plus en plus capable d'imiter de manière convaincante les visages et les voix des professionnels de santé. C'est pourquoi la vigilance est aujourd'hui plus importante que jamais, tant chez les professionnels de santé que dans le grand public ».
Le syndicat invite ses membres à faire preuve de vigilance face à ces contenus sur les réseaux sociaux et à les signaler aux plateformes concernées. En cas d’usurpation d’identité, il est possible de porter plainte auprès de la police. Le syndicat recommande également de prévenir les collègues ou établissements concernés.
À destination des patients, l’ABSyM rappelle qu’un médecin ne s’exprime jamais dans un but commercial et ne fait pas la promotion de produits, invitant à vérifier toute information auprès du médecin traitant.
Le syndicat rappelle aussi que « outre une réglementation claire et son application, la prévention est également importante. Une connaissance accrue de l’environnement numérique doit aider les citoyens à mieux reconnaître les fausses informations médicales.»
Pour l'ABSyM « seules la coopération et la sensibilisation permettront d'endiguer la diffusion de ces vidéos et de préserver la confiance des informations médicales confidentielles.»







