Les applications d’intelligence artificielle appliquées à la dermatologie sont associées à une meilleure capacité des utilisateurs à identifier certaines affections cutanées, mais leur effet reste limité sur la compréhension de la conduite à tenir. C’est ce que montre une étude américaine menée auprès de 2.345 adultes ayant recherché des informations sur un problème de peau au cours de l’année précédente.
L’étude reposait sur une enquête randomisée à trois bras. Les participants devaient interpréter des cas dermatologiques rétrospectifs anonymisés comprenant des images cliniques et des éléments structurés d’histoire médicale. Un premier groupe utilisait les outils habituels de recherche d’information, comme une recherche sur internet. Un deuxième groupe avait accès aux prédictions d’un prototype d’application d’IA. Un troisième groupe utilisait la même interface, mais avec des diagnostics différentiels établis par un panel de dermatologues plutôt que par l’algorithme, selon la méthode dite « Wizard of Oz ».
Dans les groupes IA et « Wizard of Oz », trois à sept affections possibles étaient présentées sous forme de cartes illustrées, avec des images de référence, de brèves descriptions et des informations complémentaires sur les antécédents et le traitement.
Au total, 11.725 interprétations de cas ont été analysées. Les participants étaient plus souvent disposés à nommer l’affection présentée lorsqu’ils avaient accès à l’outil d’IA : 62,26 %, contre 41,21 % dans le groupe contrôle. Une proportion comparable était observée dans le groupe « Wizard of Oz » (61,76 %).
L’exactitude diagnostique progressait également. Elle atteignait 22,79 % dans le groupe IA, contre 7,86 % dans le groupe contrôle. Le taux était plus élevé encore dans le groupe « Wizard of Oz », avec 36,20 % de réponses correctes.
L’effet sur la conduite à tenir était plus limité. Une amélioration significative de l’exactitude concernant l’étape suivante n’a été observée que dans le groupe « Wizard of Oz », avec 62,95 % de réponses correctes, contre 60,10 % dans le groupe contrôle.
Les auteurs concluent que ces applications peuvent être associées à une amélioration de l’exactitude et de la confiance des consommateurs dans leur compréhension de problèmes cutanés. Ils relèvent toutefois que le bénéfice varie selon la précision des affections présentées et que des améliorations de conception restent nécessaires pour aider les utilisateurs à mieux comprendre les informations fournies.






