Réduire le gaspillage dans les soins de santé grâce à la technologie

Becton, Dickinson and Company (BD) estime que l’automatisation de certains processus peut soulager les médecins et soignants, actuellement sous pression, et améliorer la santé financière des hôpitaux.

« Becton, Dickinson and Company (BD) est l'une des plus grandes entreprises de technologie médicale au monde, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 20 milliards de dollars. Nous nous préparons aux défis futurs. BD a récemment pris la décision de scinder ses divisions Biosciences et Diagnostic Solutions. Le nouveau BD est une entreprise purement “medtech” qui va se concentrer sur la technologie médicale », explique Alexandre Alonso, General Manager Benelux.

Alexandre Alonso rappelle qu’il faut réaliser 907 millions d'euros d’économies dans les soins de santé en Belgique cette année. « Or, près de 15 % des coûts de la santé sont liés à des “safety lapses” : des erreurs médicales, des erreurs de diagnostic, des infections… La moitié de ces événements indésirables peuvent être évités », estime le directeur général. « Il est important de concentrer les efforts sur la sécurité des patients. Par exemple, réduire préventivement le nombre d’infections. »

« Lorsqu’on analyse le rapport MAHA de Belfius, on constate que de nombreux hôpitaux belges (près de 70 %, NDLR) sont dans le rouge. Au niveau du personnel, la Belgique aura besoin de plus de 140.000 soignants supplémentaires d’ici 2050. Actuellement, des unités de soins sont fermées par manque de personnel et des opérations sont reportées. Nous ne pouvons pas aider à recruter du personnel, mais nous pouvons améliorer leur manière de travailler en automatisant certains processus. Par exemple, lorsque les soignants travaillent avec des seringues déjà remplies et étiquetées, ils peuvent gagner du temps et éviter des erreurs », explique le directeur général. « Nous travaillons en partenariat avec les hôpitaux. Nous évaluons l’ensemble du processus pour identifier les problèmes liés aux infections, aux réhospitalisations et à l’augmentation de la durée de séjour. Ces événements entraînent des coûts qui peuvent être évités et réduits. Nous avons développé des outils efficaces pour déterminer les processus qu’il faudrait mieux automatiser. En investissant dans l’automatisation, les hôpitaux investissent aussi dans la formation. »

Soutenir le personnel

BD compte investir dans la santé de A à Z. « Quand on regarde le circuit des médicaments, nous allons investir de la prescription du médicament à son administration. Nous allons essayer d'offrir une solution globale, au niveau du hardware, du software, du service et de la formation… », poursuit Alexandre Alonso.

« Un de nos objectifs est également de soutenir le personnel de santé, pour lui donner la possibilité d’être plus efficient et de consacrer plus de temps aux patients. Actuellement, de nombreux soignants doivent réaliser des tâches qui n’ont pas une grande valeur ajoutée. Ils passent de nombreuses heures à effectuer des tâches administratives. Ils ont moins de temps auprès des patients et ils sont soumis à une forte pression. »

Alexandre Alonso soutient que l’automatisation et l'utilisation de technologies comme l'intelligence artificielle peuvent permettre aux médecins d'être plus prédictifs et de prendre plus rapidement des décisions. BD intègre l’intelligence artificielle dans ses solutions et dispositifs médicaux. « L’intelligence artificielle fait partie de la solution. Elle peut aider les médecins et les soignants à travailler plus efficacement. Nous avons développé un dispositif de monitoring du patient, non invasif, qui permet de suivre la pression sanguine à distance et d’éviter de déranger le patient et le soignant. Ce type de monitoring peut se faire à l’hôpital et au domicile du patient. Les solutions qui permettent des soins connectés et intégrés sont une piste pour faire évoluer notre système. Il est capital de développer les soins intégrés et de réduire la durée de séjour des patients à l’hôpital. »

BD s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2025. « Nous avons une démarche RSE forte. Le produit le plus écologique, c'est le produit qu'on n'utilise pas. Et chez BD, nous en sommes conscients », soutient Alexandre Alonso. « Par ailleurs, nous fabriquons nos produits avec moins de plastique. Nous utilisons moins de cartons pour les emballages. Vu la situation géopolitique actuelle, c’est un vrai défi d’avoir une démarche écologique, parce qu’il est capital pour nos clients de recevoir nos produits à temps. Nous devons trouver des alternatives pour la distribution. »

« Dans le secteur des soins, une part importante des dépenses est perdue : dans les services à forte activité, où se concentrent de nombreux patients et médicaments, ce gaspillage peut représenter près de 30 % du coût des médicaments. Ce n'est pas seulement inefficace sur le plan économique, cela a également un impact négatif sur la qualité des soins et sur la durabilité, et c’est là que nous voulons agir », souligne Alexandre Alonso.

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