La télé-expertise en dermatologie intégrée à la nomenclature

Un patient pourra prochainement bénéficier de l’avis d’un dermatologue via son médecin généraliste, à la suite d’une décision prise la semaine dernière par le Comité de l’assurance. La mesure, confirmée vendredi par le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, s’inscrit dans le prolongement d’un projet pilote de télédermatologie désormais intégré structurellement dans la nomenclature. La mesure devrait rentrer en vigueur à partir de mars 2026.

Concrètement, le médecin généraliste confronté à un problème cutané pourra transmettre des photos et des observations cliniques à un dermatologue via les canaux habituels. Le spécialiste devra répondre dans un délai de trois jours ouvrables. Sur cette base, le généraliste pourra soit instaurer un traitement, soit orienter le patient vers une consultation en présentiel si nécessaire.

Une nouvelle prestation est créée à l’article 37 de la nomenclature, sous le code 107236 (N8), intitulée « Expertise à distance par un médecin spécialiste en dermatologie et vénéréologie, à la demande du médecin généraliste ».
La télé-expertise est limitée à deux prestations par patient et par an et ne peut être cumulée le même jour avec une consultation dermatologique classique ou une autre prestation à distance pour la même spécialité.
Le tarif s’élèvera à 27,57 euros en 2026. Aucun ticket modérateur ne sera dû par le patient.

Le dispositif fait suite à un projet pilote au cours duquel 2.000 télé-expertises ont été réalisées. Les données d’évaluation indiquent que 15% des consultations en médecine générale peuvent théoriquement donner lieu à une réorientation vers un spécialiste. En 2024, cela représentait 6,5 millions de consultations. Les dermatologues ont réalisé 2,6 millions de consultations la même année.

Selon l’analyse d’impact, la télé-expertise pourrait éviter environ 36.500 consultations physiques par an pour des pathologies simples. Environ 20% des cas nécessiteraient toutefois une consultation en présentiel après l’avis à distance.

Un montant annuel de 274.000 euros est réservé à cette mesure dans le budget des honoraires médicaux. Son utilisation fera l’objet d’un suivi dans les prochaines années.

Frank Vandenbroucke estime que cette évolution doit permettre d’accélérer l’accès aux soins dermatologiques et de renforcer la collaboration entre médecins autour du patient. « Cette “télé-expertise” doit avant tout permettre aux patients d’obtenir plus rapidement les soins appropriés, tout en réduisant la pression sur les dermatologues. La télé-expertise favorise également la collaboration entre les médecins autour d’un patient. De cette manière, les prestataires de soins peuvent fournir ensemble les meilleurs soins possibles. »

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