Reflex-ON : la première station virtuelle d’entraînement cérébral et cognitif

Quand on pousse les portes d'une salle de sport, l'on s'attend plus à rencontrer des engins de mise en condition physique liés à la sueur qu'une machine destinée à entrainer son cerveau. Ce cliché de la performance uniquement 'pure muscle' au sein des salles de fitness risque pourtant d'être bientôt dépassé avec le lancement d'une nouvelle machine d'entraînement cérébral, le Reflex-ON, conçue par un groupement belge d'entrepreneurs et spécialistes de la santé, destinée à 'booster' les neurones. La station de travail connectée est nominée dans la catégorie Innovation et Tendance du prochain FIBO, le plus important salon du matériel sportif, début avril à Cologne, Allemagne.

L'équipe nationale belge de hockey, championne du monde, et le COIB, le Comité Olympique et Interfédéral belge, pour son mouvement paralympique, ont déjà montré leur intérêt pour cet engin.

De prime abord, la machine, fruit d'une conception 100% belge ayant duré plus de quatre ans, séduit par sa facilité d'utilisation. Plongé dans un univers en trois dimensions (3D) grâce à un casque de réalité virtuelle et connecté via un smartphone qui permet de le reconnaître peu importe l'endroit où il s'exerce, l'utilisateur peut choisir entre plusieurs programmes d'entraînement avec comme principal objectif d'améliorer ses fonctions cognitives et sa plasticité cérébrale.

"Le tout dans le parfait respect des nouvelles lois sur la vie privée", précise son initiateur Michel Niechcicki, le CEO de la société 'Neuron Academy International' créée pour sa commercialisation.

Ce dernier est entouré de plusieurs autres entrepreneurs belges de renom et quelques scientifiques dont le neuro-chirurgien Marc Levivier et le médecin sportif Bernard Ariel, tous deux administrateurs et associés dans la startup. Un récent partenariat avec 'Human Waves', la spin-off de l'ULB du laboratoire de neurophysiologie et biomécanique du mouvement, permettra d'approfondir dans le futur le travail scientifique sur cette fameuse cognitivité du cerveau.

S'il existe actuellement des concepts semblables dans le monde, mais uniquement en 2D, "la grande différence est que cette machine possède des algorithmes qui s'adaptent à votre cerveau et le fait progresser selon son rythme propre" explique Jean-Luc Van Cappel, le directeur général de l'entreprise, kinésithérapeute de formation et spécialisé dans la commercialisation d'engins pour les salles sportives.

"En Europe, il existe quelque 34.000 salles de fitness de plus de 800 membres. Cela représente l'activité sportive la plus pratiquée sur le continent avec plus de 27.000 millions d'adeptes. Notre station vise à moyen terme à être présente sur 10% de ce marché tout en précisant que d'autres lieux peuvent accueillir notre machine comme les centres de revalidation, de co-working, les apparts-hotels pour seniors, les lobbys d'hôtels ou d'aéroport", selon Van Cappel.

Depuis quelques mois en démonstration dans le centre sportif B-Sports, à Berchem-Sainte-Agathe, l'engin a déjà convaincu quelques sportifs réputés du royaume, dont les Red Lions, habitués des lieux. "Nous ne travaillons actuellement qu'en 2D pour nos analyses vidéo, mais la 3D est certainement l'avenir", estime Shane McLeod, l'entraîneur des champions du monde de hockey.

"La 3D est trop coûteuse pour l'analyse spécifique des moments de match car elle nécessite encore trop de moyens d'enregistrement. Je vois plus cette machine comme outil de développement des réflexes par exemple pour nos gardiens ou pour améliorer la capacité d'analyse, de concentration ou de décision des joueurs de champ", ajoute le coach néo-zélandais.

Le Comité Olympique et Interfédéral Belge (COIB) a également marqué son intérêt quant à l'utilisation de la station pour son mouvement paralympique.

Les concepteurs veulent dans tous les cas se différencier de l'eSports et des jeux vidéos qui connaissent un engouement croissant. "Nous parlons ici d'un 'serious game'. Pas de compétition mais un développement personnel important", ponctue Michel Niechcicki, convaincu que l'esprit s'entraîne tout autant que le corps.

Le début de la commercialisation du Reflex-On, dont le coût d'achat approche les 23.000 euros, est programmé vers début avril.

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